Une autre lecture de l'Histoire militaire

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Message par Thierry M. le Ven 6 Déc 2019 - 22:46

La lecture de ce que je considère comme des « erreurs » (voire des insanités), dans des livres, des règles et sur Internet (sites de règle et autres forums dédiés), m'incite à ouvrir ce sujet pour exposer ma vision de l'histoire militaire basée sur mes lectures et mes modestes connaissances en psychologie et, incidemment, parler de l'évolution de S&B.
———

Un des sujets qui me tient à cœur est l'évaluation des troupes, ce que nous appelons les « caractéristiques nationales ».
Il me semble que les auteurs de règle de jeux se contentent de reprendre les caractéristiques nationales d'une règle existante, laquelle règle a déjà repris les caractéristiques nationales d'une règle préexistante, etc. Et nous arrivons ainsi à la règle primaire anglaise qui a été créée à partir de données anglaises et d'un ressenti anglais, évidemment, règle qui a orienté et oriente toujours le wargame ludique mondial !

Parlons, par exemple, des Espagnols qui sont assez maltraités sur nos tables de jeux.

L'Espagne des Bourbons est un état qui a une longue histoire guerrière, elle possède des fonderies de canons et de fusils (sur le modèle d'armement de Gribeauval), une académie d'artillerie, des fabriques de textile, un règlement de manœuvre calqué sur celui des autres états européens (Prusse puis France 1791), une marine, des arsenaux, etc.
C'est la « main-d'œuvre » (hommes et chevaux) qui manque malgré la mise en place de « conscriptions » à différentes époques et le mercenariat, ainsi, après la période révolutionnaire pendant laquelle l'armée espagnole s'est battue sur le sol français, l'Espagne a dû racler les fonds de tiroir pour organiser le corps expéditionnaire de La Romana.
L'occupation française déclenchera une vague d'enrôlement mais les chevaux et les mulets continueront à manquer (les mulets sont équivalents aux chevaux pour la traction et même meilleurs en montagne).
Bien sûr, l'occupation française va désorganiser la logistique espagnole mais les livraisons anglaises compenseront cela en partie.

Les soldats espagnols sont entraînés à manœuvrer mais pas aguerris, cela viendra peu à peu. Beaucoup de généraux ne savent pas mener leurs troupes car l'Espagne ne participe plus depuis longtemps aux grandes batailles continentales.

Quand on lit les relations de bataille, les unités espagnoles déroutent quand elles sont prises de flanc et/ou surprises par l'ennemi mais elles tiennent longtemps de face ; l'artillerie est performante (Gribeauval) et les servants sont courageux ; enfin, la cavalerie souvent en sous-nombre ne sait pas se déployer pour envelopper la cavalerie adverse, encore une fois c'est l'expérience du commandement qui manque.

Alors dans S&B certaines unités espagnoles ont un moral et un feu basique, d'autres sont équivalentes à celles des autres pays, la cavalerie est standard et c'est le commandement qui est inférieur sauf exceptions.

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Message par Thierry M. le Ven 6 Déc 2019 - 22:49

Quand j'ai commencé à me documenter plus précisément sur les changements de formation (en 2000) j'ai découvert que les manœuvres étaient liées à l'apparition du fusil à silex muni de la baïonnette à douille (et au progrès de l'artillerie).
La baïonnette à douille qui serait une invention de Vauban - tout du moins en France - équipera les troupes françaises à partir de 1700, la platine à silex (fusilli en italien) disparaîtra en 1840 (la platine à piston commençant à apparaître en 1822 avec le 1777 modifié en T22 bis). Voilà qui explique les dates de la période que je simule.
La mécanisation de l’armurerie militaire (1855-1869)
« À l’issue des guerres de la Révolution et de l’Empire, la modernisation de l’arme vise un triple objectif : supprimer les ratés au départ du coup en remplaçant la platine à silex par une platine à percussion, obtenir un tir précis à longue portée grâce à l’adoption du canon rayé et de balles profilées en lieu et place du canon à âme lisse tirant des balles rondes, et enfin accroître la cadence de tir en recourant au chargement par la culasse et non plus par la bouche. Dès 1841 d’ailleurs, la Prusse dote son armée d’un fusil répondant aux nouvelles exigences, le Dreyse. Soucieuse de posséder des instruments aussi efficaces que ceux de ses adversaires potentiels, la France crée en 1837 sa première arme légère à percussion, la carabine Delvigne-Pontcharra, avant d’adopter en 1840 le système de mise à feu par percussion. »
Les progrès de l'artillerie seront plus ou moins concomitants.

La guerre américano-mexicaine (1846-1848)
En ce qui concerne la guerre américano-mexicaine nous sommes à la limite de la période que j'ai définie, il faudra faire des ajustements aux caractéristiques, donc des recherches, pour jouer les troupes américaines qui sont mieux équipés ce qui augmentera leurs budgets en conséquence.
Par exemple, il semble que la cavalerie notamment les Rangers commençait à s'équiper de Colt à 6 coups : « En 1840, à la bataille de Pedernales, une quinzaine de rangers parvient à repousser plus de soixante Indiens en utilisant le revolver. »
Je n'ai encore rien trouvé sur les fusils américains et mexicains à cette époque mais l'artillerie américaine était certainement en avance puisqu'elle utilisait la mise à feu par grattoir (tiré par un cordon) et le block trail (dérivant du système d'affût anglais) : King of battle — A branch history of the U.S. Army's field artillery.
Le siège de Fort Alamo (23 février - 6 mars 1836) est dans la période de transition entre le silex et le piston : The Small Arms and Weapons of the Alamo Defenders,  Remembering the Guns of the Alamo ou encore Remembering The Alamo (and the guns).
Il y avait des canons en bronze et en fer : Remember The Alamo battle cannons, mais je n'ai rien trouvé sur leur mode de mise à feu, je présume qu'il n'y avait pas de système à grattoir (ou étoupille fulminante à friction) et que l'on enflammait encore l'étoupille en roseau avec un boutefeu. Question

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Message par Thierry M. le Ven 6 Déc 2019 - 22:54

Je pense descendre le facteur feu de la plupart des unités à 3. C'est le facteur qui sera utilisé pour les tirs en ordre serré avec le bonus classique du premier feu (car les armes ont été chargées avec soin avant la bataille) et le bonus propre à S&B en cas de « feu d'arrêt » (après le test moral de confrontation).
Les soldats en tirailleurs auront en bonus plus ou moins important en fonction de leur entraînement et de leur expérience au combat.
Il n'y a qu'en procédant ainsi que l'on peut rendre la différence formidable qu'il y avait entre les tirs en ordre serré et les tirs en tirailleurs.

De même, je vais réfléchir au malus infligé quand une unité tire sur des tirailleurs. En effet, la dilution successive des unités en tirailleurs semble entraîner des pertes importantes et la perte des unités (tout du moins pour la journée).
Quand le tour de jeu correspond à un environ une minute, le souci est d'arriver à un résultat rapide sur la table de jeu.

Quand nous avons « rejoué » la bataille de Montmirail, chaque joueur devait manœuvrer une division, les mouvements se faisaient par tranches de dix minutes et les feux, notamment ceux de l'artillerie, étaient multipliés d'autant, ceci sauf si deux unités ennemies arrivaient à distance de confrontation en moins de dix minutes, auquel cas toutes les unités s'arrêtaient. Par exemple, si deux unités ennemies arrivaient à distance de confrontation au bout de six minutes, toutes les unités manœuvraient seulement pendant six minutes.
En procédant ainsi, les pertes de tirailleurs sont multipliées par dix et il devient absolument nécessaire d'alimenter, comme historiquement, les lignes de tirailleurs !

Je pense donc qu'il faut agir en différenciant les malus : une unité qui tire sur des tirailleurs aura un plus gros malus si elle est en ordre serré plutôt qu'en tirailleurs. Ceci rendra le fait que, dans les combats de tirailleurs, les soldats visent l'homme en face alors que l'unité en masse tire dans un espace droit devant.
Ainsi, tout en restant sur un tour de jeu équivalant à une minute réelle, les joueurs devront alimenter leurs lignes de tirailleurs ou… se décider à attaquer en masse au moment clé !

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Message par buriefr le Lun 9 Déc 2019 - 10:08

Super Thierry....

Le Colt 6 coups est assez long à recharger (chargement par la bouche) - j'en ai imprimé un.....
Par contre la solution utilisée est d'avoir plusieurs barillets chargés (comme Clint Eastwood dans Pale Rider).

Pour le fusil, celui produit en masse est le fusil à balles Minié (brevet français), rayé, balles ogivées et chargement par la bouche, qui remplace peu à peu le fusil lisse durant la guerre d'agression du Nord. Les fusils lisses sont petit à petit rechapés pour tirer du Minié.

Les tactiques utilisées sont clairement napoléoniennes avec des tirs de ligne à très courte portée. Il y a des tirailleurs, mais plutôt dans des rôles de sniper (Berdan Rangers, avec un uniforme vert), ou imposés par la topographie (plutôt comparable à un ordre lâche).

L'artillerie utilise l'excellent canon dit Napoléon conçu par l'Empereur lui-même (le troisième du nom).

Les pertes infligées préfigurent celles de 14 avec des bataillons anéantis à 90% en moins de 10 minutes.



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